Découvrir la VOIP
L’innovation technologique vient de nouveau de faire un grand pas, cette fois dans le domaine de la téléphonie. Elle apporte des fonctionnalités nouvelles qui transforment radicalement la notion d’appel téléphonique. La VoIP (Voice over Internet Protocol, « voix sur IP ») est le nom de cette nouveauté. Il s’agit en fait de la voix transmise au travers d’un réseau numérique.
La VoIP est souvent appelée téléphonie sur IP, car elle se fonde sur les dernières innovations des très populaires et familiers protocoles IP pour permettre des communications vocales de grande qualité dans l’entreprise. La gestion de réseau IP supporte les réseaux d’entreprise, privés, publics, par câble et même les réseaux sans fil. La téléphonie sur IP fédère plusieurs postes de travail – sans oublier les travailleurs itinérants – en un seul réseau de communications convergées.
Ne prenez pas le mot « voix », dans la locution « voix sur IP », au pied de la lettre, car la VoIP propose beaucoup plus qu’un simple appel téléphonique. Elle fournit en effet une gamme de services et de fonctions inégalés dans le domaine de la téléphonie. Nous les développerons d’ici peu dans cette partie.
Comment fonctionne la VOIP ?
Comme le laisse entendre son nom complet, « voix sur le protocole Internet », la VoIP est de la voix acheminée par l’Internet. Quand la VoIP a commencé à être développée, elle ne s’accommodait que de l’Internet et d’aucun autre réseau. Aujourd’hui, la VoIP fonctionne sur la plupart des types de réseaux, y compris ceux utilisés dans l’entreprise. Mais dans son nom, le « I » d’Internet a subsisté. Le « P » de « protocole » fait allusion aux règles de transmission que le réseau utilise pour recevoir et envoyer des signaux. Ces derniers sont des impulsions électriques ou optiques représentant les 0 et 1 chers à l’informatique en général et aux réseaux en particulier.
En téléphonie sur IP, les communications vocales sont converties en paquets de données. Elles peuvent être acheminées par les réseaux locaux Ethernet, qui répondent actuellement à plus de 96 % des besoins de mise en réseau des entreprises.
La téléphonie à commutation e circuits
Avant l’avènement des réseaux numériques, il n’existait que le téléphone classique. Il était utilisé sur un réseau appelé réseau téléphonique commuté (RTC) qui existe depuis qu’un certain Graham Bell a inventé le téléphone. C’est pourquoi le bon vieux téléphone classique perdure dans la plupart des entreprises. Il est basé sur une technique qui a largement fait ses preuves et qui est peu onéreuse : la commutation de circuits.
Le téléphone classique n’est rien de plus qu’une amélioration du bricolage que connaissent la plupart des enfants : en reliant le fond de deux pots de yaourt en carton par une longue ficelle bien tendue, il est possible de se téléphoner. C’est le principe de base de tout téléphone de type RTC.
Ce qui change en fait, dans le véritable téléphone, est la nature électrique du signal ainsi que le type de câble, sa longueur et son diamètre. Tous ces éléments ont énormément évolué en se diversifiant. Il en va de même des équipements téléphoniques qui ont changé considérablement, tant au niveau de l’utilisateur final que de l’opérateur téléphonique. La téléphonie RTC n’en continue pas moins à utiliser des règles, ou protocoles, basées sur la commutation de circuits.
La commutation par paquets
Contrairement à la téléphonie classique par commutation de circuits, qui repose exclusivement sur un réseau téléphonique commuté (RTC), la technologie VoIP permet de téléphoner – avec en prime des fonctionnalités nouvelles et innovantes – sur des réseaux spécialisés ou sans fil, y compris les réseaux informatiques. Ces nouveaux types de réseaux utilisent des protocoles « par commutation par paquets ».
La VoIP par commutation par paquets scinde les signaux vocaux en paquets. En plus des données vocales, un paquet comporte les adresses réseau de l’expéditeur et du destinataire. Les paquets VoIP sont transmis à travers n’importe quel réseau compatible VoIP. Ils peuvent être acheminés par des chemins différents, en cas d’encombrement, car l’adresse de destination se trouve dans chaque paquet. Il n’est pas du tout obligatoire que tous les paquets empruntent la même route.
Dans un réseau par commutation par paquets, si l’une des lignes est en panne, un paquet peut commuter d’un emplacement à un autre alors même qu’il est en route afin de préserver l’appel. Grâce à la VoIP, les signaux vocaux peuvent être scindés en paquets exactement comme les paquets de données informatiques. Cela permet à des entreprises d’envisager l’utilisation d’une même infrastructure de réseau pour des applications vocales ou de données. Elles peuvent consolider leurs réseaux physiques tout en maintenant la redondance des modèles de routage, et construire un réseau de communications interne équipé des plus récentes fonctionnalités basées sur le protocole IP.
La VoIP autorise des services inaccessibles à la téléphonie classique. La VoIP, ou « voix sur IP » comme on l’appelle parfois, est interopérable. Cela signifie que les protocoles IP fonctionneront correctement sur n’importe quel type de réseau. La VoIP est précieuse, car elle opère fondamentalement de la même manière quel que soit le type de réseau. Les protocoles IP sont de plus extrêmement portables. Ils sont de ce fait utilisables avec n’importe quel équipement comme un téléphone IP, un ordinateur, voire un assistant numérique personnel (ou PDA, Personal Digital Assistant).
La VoIP étant interopérable et portable, elle autorise l’utilisation d’un grand nombre d’applications qui redéfinissent la notion d’appel téléphonique. Comme la VoIP se prête parfaitement à la mise en réseau, il est utile de distinguer les deux principaux types de réseaux utilisés par la plupart des entreprises – sinon toutes.
La téléphonie sur IP
La téléphonie sur IP permet de transmettre des communications vocales au travers de réseaux régis par le protocole IP (Internet Protocol). Elle fédère tous les postes de travail d’une société, y compris les travailleurs itinérants, en un seul réseau convergé. Elle réduit les coûts en acheminant la voix et les données au travers d’un seul réseau dont la maintenance peut être centralisée. Plus important encore, elle donne accès à des fonctions avancées et à des applications qui améliorent la productivité de l’ensemble de la société.
Dans la société, un grand nombre d’appels de collaborateur à collaborateur ne quittent jamais le réseau local ou LAN (Local Area Network). Il en va de même pour les appels vers les autres services, dans l’immeuble de l’entreprise. Dans tous ces cas, les paquets ne font que parcourir le réseau local entre les interlocuteurs. Il n’est pas nécessaire que ces paquets comportent les données vitales indispensables pour les appels longue distance. De ce fait, les appels effectués en téléphonie sur IP produisent des paquets de moindre taille comparés à ceux envoyés hors du réseau local, à grande distance.
La téléphonie sur IP fonctionne un peu à la manière dont les ordinateurs fonctionnent sur le réseau local. Tous les utilisateurs n’ont toutefois pas forcément besoin d’un téléphone de type IP. Les constructeurs implémentent la téléphonie sur IP d’une manière qui protège votre investissement dans l’équipement téléphonique préexistant, en autorisant par exemple l’IP vers les téléphones numériques et même analogiques.
Il existe plusieurs styles de téléphones IP. Tous ont un point commun : ils sont équipés d’une carte réseau semblable à celle dont les ordinateurs doivent être équipés pour se connecter au réseau local. La carte réseau est un composant indispensable pour tout périphérique de réseau, car c’est elle qui contient l’adresse physique du périphérique sur le réseau. Appelée adresse MAC (Media Access Control, contrôle d’accès au média), elle se présente sous la forme d’un numéro standard à six octets exprimé en notation hexadécimale. Exemple : FF-FF-FF-FF-FF-FF.
Pour supporter la téléphonie sur IP, un serveur possédant une adresse MAC est classiquement réservé à l’hébergement d’un logiciel de téléphonie qui gère l’ensemble des appels. Les serveurs sont semblables aux ordinateurs personnels, sauf que leur mémoire, leur vitesse et leur capacité sont plus élevées. Comme le serveur nécessite une adresse MAC, il est équipé d’une carte réseau qui en est dotée, et aussi d’une connectique qui le relie physiquement au réseau. Le serveur de gestion contient une base de données de toutes les adresses MAC correspondant à tous les postes de téléphonie sur IP attribués aux différents utilisateurs.
Selon la taille du réseau local et le nombre d’utilisateurs, d’autres serveurs peuvent être utilisés. Par exemple, sur certains réseaux qui gèrent entre autres la téléphonie sur IP, un serveur est uniquement chargé de stocker et restituer la totalité des messages vocaux. Selon la taille du réseau, un ou plusieurs périphériques, appelés commutateurs, y seront installés pour former l’infrastructure centrale du réseau de téléphonie sur IP. Ces commutateurs sont des boîtiers équipés d’une série de ports auxquels sont connectés tous les autres périphériques de réseau adressables. Les commutateurs sont généralement réunis dans un local où ils fonctionnent sans interruption tout au long de l’année. Tous les câbles issus des divers périphériques, comme les téléphones IP, les ordinateurs et les serveurs, sont reliés aux ports des commutateurs. Les anciens commutateurs ne savaient gérer que des données informatiques.
Si vous envisagez de faire cohabiter de la téléphonie sur IP et des données informatiques sur un même réseau local, assurez-vous que les commutateurs soient compatibles IPT (IP Telephony). A l’instar de tous les périphériques adressables présents sur le réseau, les commutateurs doivent posséder une adresse MAC.
Bref, tous les périphériques adressables, y compris votre téléphone IP, doivent être physiquement connectés au réseau local via l’un des ports du commutateur. Tous les commutateurs sont interconnectés, habituellement par des câbles à fibres optiques. Quand vous appelez un collègue situé sur le même lieu de travail, vous composez son numéro. Les signaux sont scindés en paquets puis acheminés vers le serveur de gestion où les paquets prennent au passage l’adresse de votre correspondant. Puis ils sont envoyés vers un port du commutateur, puis du commutateur vers le téléphone IP connecté au port correspondant à l’adresse MAC de votre collègue. Son téléphone sonne. Dès qu’il décroche et répond, une connexion virtuelle est établie entre lui et vous, pour la durée de l’appel. Tout cela s’effectue en un instant.
Le processus varie quelque peu lorsque vous appelez un collègue sur un autre site. Lui est connecté à un autre réseau local. L’appel est d’abord effectué de la même manière. Mais, au lieu de diriger l’appel vers un commutateur de votre réseau, le serveur de gestion doit l’envoyer vers un équipement de périphérie reliant votre réseau de téléphonie sur IP au réseau étendu ou WAN (Wide Area Network) de la société. C’est là que la téléphonie sur IP devient de la VoIP. Et c’est là que le second type de réseau entre en scène.
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